À la découverte du Canal des Pangalanes
Il est 8 h. J’attends Maximin, mon compagnon de route. Nous devons rejoindre Christian qui nous attend au port de batelage de Manakara.
Aujourd’hui, il a été convenu que nous ferions une excursion le long des Pangalanes. Il ne fait pas beau, il pleut !
Les nuages sont au plus bas mais nous décidons quand même d’y aller.
Je m’inquiète un peu compte tenu des crues que nous avons vues le long de la route en venant de Tana. Les pluies de ces derniers jours ont fait anormalement monter les eaux et les berges sont au même niveau que le Canal.
Mais Christian me rassure, le canal n’a jamais été particulièrement dangereux et surtout, nous allons embarquer dans une grande pirogue à moteur (avec possibilité de ramer si l’envie nous prendrai – pour l’instant, je n’y pense pas du tout…).
Et nous voilà voguant sur l’eau. La pirogue est stable, l’équipe, expérimentée… je suis rassurée.
Assis devant moi, Christian nous raconte l‘histoire du Canal avec les anecdotes qui lui sont rattachées. Nous sommes quand même sur le plus long canal du monde et dont une partie est plus que centenaire .
Dès que nous quittons le port, je suis immédiatement conquise par la beauté des lieux. La ville de Manakara étale tout son charme le long de ses deux rivages : les guinguettes et les hôtels se sont installés sur des centaines de mètres à l’ombre des cocotiers et des badamiers (atafana), ces arbres que j’affectionne tant !
Vu du milieu de cette étendue fluviale, le rivage est magnifique – les villages se succèdent avec leurs jolies cases en « falafa ». Au fur et à mesure que nous avançons, nous voyons défiler sous nos yeux, des paysages magnifiques et surtout cette végétation particulière qui donne tant de charme à cette région : ravinala (arbres du voyageur), pandanus, les oreilles d’éléphants (viha) etc…donnent des touches de couleurs bravant ce ciel gris !
J’en prends plein les yeux 😍
Je découvre une région que je pensais connaître à fonds et que je vois sous une autre facette…Je mitraille… Je veux garder le maximum de souvenirs de cette balade fluviale.
Nous croisons de nombreuses embarcations : quelques pêcheurs téméraires, des transporteurs de marchandises, des familles entières, des promeneurs solitaires… Et quelques touristes, comme nous.
Christian, nous a programmé plusieurs arrêts dans différents villages. Nous visitons, entourés d’enfants aux visages rieurs qui s’attachent à nos pas, nous découvrons : la vie des pêcheurs, la culture des plantes exotiques notamment le niaouli, rapporté d’Australie pendant la construction du canal, les bienfaits des huiles essentielles, l’artisanat lié aux traditions du pays. Nous avons même effectué une visite de courtoisie au roi du village !
Bref, toute une série d’expériences que nous vivons intensément. C’est une véritable aventure !
Au dernier village que nous visitons, un déjeuner préparé par l’équipe pendant que nous étions partis profiter du bord de mer, nous est servi dans une feuille d’arbre du voyageur, à l’ancienne : Une langouste de belle taille ainsi qu’un gros rouget, pêchés le jour même, nous attendent, accompagnés de jus naturels de fruits de la région (fruits de la passion, ananas…). Juste un régal !
Nous déjeunons sous l’auvent en toiture de « raty » (feuilles sèches d’arbres de voyageurs). Des zébus passent au loin, des oiseaux, survolent nos têtes, des pirogues traversent silencieusement le canal. L’heure est à la plénitude.
Nous entendons les vagues de l’autre côté de la dune. Car nous sommes entre le Canal des Pangalanes et la mer, sur un îlot loin de tout. Un petit goût de paradis…
Qu’il nous faut malheureusement quitter car il est l’heure de rentrer.
Christian nous explique, que parfois, il emmène des touristes beaucoup plus loin, sur une autre île, à la recherche de crocodiles.
Mais pour nous, le temps est vite passé et les sauriens sauront attendre notre prochaine virée.
Adieu cher Canal ! Que ta beauté et ton authenticité soient préservées !
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